Oublier que le temps joue les sabliers et fiche parfois son grain de sable dans l'œil.
Oublier que si tu ne fais pas les poussières, un grain viendra enrayer la machine, faire capoter l'engin. Et présenter d'autres chemins, des ornières singulières. D'autres rais de lumières.

Mais ça fait mal. Y a rien qui tait cette douleur-là, rien pour la taire. Taire ce qui n'est pas et ne sera pas. Ne se fera pas. Des petites bifurcations douloureuses. Des ramifications sérieuses, mais dispendieuses.
Se taire et se terrer. La laisser parler. Attendre que le temps, mobile, redescende de son fil.
Tenir et ne pas suffoquer. Tenir et goûter l'apnée. Grandir et contenir ses caprices. Grandir et taire ses hurlements, puisque même pas peur. Trouver refuge dans un coin de sa tête, puis redescendre et affronter ce qu'il reste.

Se faire otarie, apprendre à jouer avec une balle au bout du nez. Se mordre la queue, s'en mordre les doigts. Tomber, choir, se relever, recommencer. Laisser couler l'eau, le sable et la terre. Attendre de pouvoir rire de la gadoue. Attendre de sculpter la patouille. Tordre les fils et les cous. Et les chevilles aussi. Des chevilles d'argile.