Un jour elle est partie.
Alors tous les compagnons de celles qui s'interrogeaient se sont dit qu'elle prêchait, pour sa paroisse assurément.
Que pour ses balades, elle devait prendre son bâton de pélerin, forcément.

On l'a dépossédée de sa parole, on lui prêtait des intentions de duplicata qu'elle n'avait pas.
De toutes manières, elle n'écoutait pas. De toutes manières, ahurie, elle se taisait.

On l'a privée de paroles donc, on l'a déshabillée de son identité pour lui coller sur la peau un tricot étriqué et fétide qui gratte. Un tricot comme un drapeau, pour une bataille qui n'était pas la sienne, à porter en flambeau éventuellement. Un tricot moche et pas beau, d'une couleur qu'elle n'avait encore jamais portée, qui ne lui seyait pas vraiment au teint. Non, vraiment pas.

Mais voilà, dans les histoires, on a toujours besoin d'un monstre. Tant pis pour elle. Elle n'avait qu'à être moins rousse. Elle n'avait qu'à pas vouloir essayer de continuer à danser sa vie.