Quand Dédé perd le goût de la carotte, il s'asseoit sur un banc et regarde passer le vent.
Il compte les feuilles qui lui passent devant, il invente un bruit à son tourment.
Il cherche un son grave, tout en bas de son octave, pour un tourment profond et résonnant.
Il essaie un sifflement tout en chuintement pour un tourment stridulant.

Dédé est bien embêté : perdre le goût de la carotte, c'est quel tourment ?
Il se dit bien qu'il devrait l'ausculter, le mesurer, lui tâter le fond, ... Mais ça l'ennuie. C'est que ce n'est pas très rigolo, un tourment les yeux dans les yeux !
Dédé se dit qu'il va l'apprivoiser du coin de l'œil. Très vite il se met à loucher. Il a le regard chassieux, puis happé par un tournoi de nuages légers qui s'effilochent.
Quand il revient sur terre, le tourment a disparu, déçu de si peu d'attention. C'est que ça se vexe facilement un tourment ! Ça prend la mouche, et la poudre d'escampette.

Dédé est un lapin, mais quelques fois c'est un âne.